Jeu de patience

Savoir patienter avant de s’accorder un plaisir bien mérité, voilà qui est ardu. Pour s’accoutumer aux réalités financières, les enfants doivent cependant y parvenir.

Comme bien des parents, je vis une certaine ambivalence pendant les Fêtes. J’adore les réjouissances, les repas plantureux, les moments privilégiés avec mes proches, mais je finis par avoir l’impression gênante de tomber dans l’excès. Et que dire des cadeaux qui s’amoncellent… Qu’en retiennent les enfants? Finiront-ils par penser que tout leur est dû? Je me le demande.

Mais cette année, je suis beaucoup plus sereine : mon fils de neuf ans, Adam, a finalement compris la valeur de l’attente et de l’épargne. Parfois, mieux vaut patienter et non se précipiter.

C’est pourtant loin d’être dans sa nature. Je n’ai pas besoin de lui faire subir le test de la guimauve – on remet une de ces friandises à un jeune enfant, mais on lui en promet deux s’il attend avant de manger la première –, car je sais bien qu’il engloutirait la guimauve en question immédiatement, sans attendre que j’aie le dos tourné. Simple gourmandise, direz-vous. Montrer des guimauves à des bambins et leur interdire de les manger, mais c’est de la torture! Pourtant, les chercheurs ont procédé à des suivis auprès des mêmes sujets, devenus adultes. Ceux qui, des années plus tôt, avaient su attendre réussissaient mieux dans la vie, en général, que ceux que la tentation avait fait craquer.

Mais ces derniers mois, mon fils a appris à épargner. J’en arrive donc à la conclusion qu’on peut aider les enfants à réfréner leur impatience : quand on veut, on peut. Comme je l’ai écrit dans mon billet de septembre, le père d’Adam et moi avions décrété, l’an dernier, que nous n’avions aucune intention de lui offrir une nouvelle console Nintendo 3DS XL (il avait déjà une ancienne version de ce jeu portatif). Inébranlable, Adam était farouchement déterminé à trouver un moyen de s’en procurer une lui-même. Comment faire? Économiser son argent de poche (5 $ par semaine)? Attendre d’avoir reçu assez de cartes-cadeaux et d’argent pour les Fêtes ou pour son anniversaire? Vendre son système et ses jeux actuels? Quels choix déchirants. Il a retenu une combinaison des trois solutions et, au bout d’un an, il avait enfin atteint son objectif ambitieux.

Je n’avais jamais vu mon fils plus enthousiaste que le jour où nous sommes finalement allés conclure l’achat. Il n’est pas peu fier d’être l’heureux propriétaire de ce petit boîtier rouge métallique, auquel il tient comme à la prunelle de ses yeux.

Ainsi, cette année, je ne m’inquiète guère à l’idée qu’il soit trop gâté pendant les Fêtes. Je sais qu’il a compris les vertus de la patience et de l’économie. Je suis certaine que s’il reçoit de l’argent ou des cartes-cadeaux, il fera des achats réfléchis, et non impulsifs.

POURSUIVONS LA CONVERSATION

Vos enfants sont-ils modérés, sages, patients? Ont-ils plutôt du mal à se retenir, quand ils ont envie de quelque chose (c’est le cas de mon fils)? Racontez-nous dans quelles circonstances ils ont choisi la satisfaction immédiate. Leur est-il arrivé de plutôt attendre, pour avoir droit à un plaisir différé, mais bien mérité?

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)