Les histoires d’argent, une affaire de famille

Les parents hésitent parfois à discuter des problèmes financiers qu’ils ont éprouvés avec leurs enfants, mais au moins un expert en finances personnelles pense qu’ils le devraient.

Je suis récemment tombée sur un article intéressant qui propose d’initier les enfants à la gestion de leur argent dès l’âge de 10 ans (bien d’accord), mais qui conseille aussi aux parents de favoriser cet apprentissage en parlant à leurs enfants des difficultés financières qu’ils ont déjà eues.

Jonathan Clements, auteur d’ouvrages sur les finances personnelles, estime que les histoires personnelles constituent le meilleur moyen d’inculquer la valeur de l’argent à nos enfants. Comme il le souligne dans l’article : « Une bonne histoire de famille fera beaucoup plus effet que n’importe quel sermon sur la prudence financière. »

Puisez dans vos souvenirs : votre premier appartement en colocation (infesté de coquerelles) ou cet achat par carte de crédit qui avait été si long à rembourser; M. Clements, lui, enfant, avait entendu parler de son grand-père qui hérita d’une fortune qu’il perdit par la suite.

Géniale, cette stratégie. Quand je pense à la façon dont Adam perçoit notre vie familiale à travers ses yeux de garçon de neuf ans, je peux comprendre sa frustration lorsque nous refusons de céder au moindre de ses caprices. Nous avons tout le nécessaire (nourriture, logement, chauffage) et nous vivons confortablement. Adam n’était pas encore au monde pendant mes difficiles années d’études ou quand je me suis retrouvée entre deux emplois, contrainte de me passer de petits plaisirs et de faire des sacrifices.

Alors, je lui ai raconté une histoire ― à vrai dire, j’ai essayé. Le moment ne s’y prêtait pas : il n’était pas à prendre avec des pincettes, car il se demandait pourquoi nous ne lui achetions pas une console de jeux vidéo Wii (même si nous avons déjà une Xbox). J’ai pensé que lui raconter une anecdote tirée de mes jours plus difficiles l’aiderait à mettre les choses en perspective, mais j’aurais dû savoir qu’il réagit mal sous le coup de l’émotion.

Quelques jours plus tard, j’ai fait un autre essai. Cette fois-ci, c’était en route vers le camp de jour, moment où nous avons souvent nos meilleures conversations. J’ai simplement raconté à Adam qu’un printemps à l’université, à court d’argent, j’ai dû me contenter de manger du riz et des bâtonnets de poisson jusqu’aux premiers sous de mon emploi d’été. « Te vois-tu privé de bonbons pendant tout un mois? », ai-je renchéri.

Sa réaction a été inattendue. Il m’a fait un câlin et m’a dit qu’il m’aimait. Mais comme il fait cela plusieurs fois par jour, ce n’est pas ce geste d’affection qui m’a surprise; c’est le fait qu’il a voulu me consoler après avoir entendu mon histoire. C’est donc dire que ma petite anecdote a réussi à le toucher, n’est-ce pas?

Quoi qu’il en soit, je garde en réserve le recours à des histoires personnelles dans mes trucs de pédagogie financière. Ça ne peut pas faire de tort, et des câlins, on n’en reçoit jamais trop.

POURSUIVONS LA CONVERSATION

Est-ce une bonne idée, selon vous, de parler à vos enfants de difficultés que vous avez déjà eues? Si c’est le cas, quelle anecdote leur raconterez-vous?

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteur dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

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