Avez-vous des dettes de hockey?

Selon une enquête récente, plus du tiers des parents canadiens (38 %) se sont endettés, ou connaissent quelqu’un qui l’a fait, pour permettre à un enfant de participer à des activités parascolaires.

Pensez de moi ce que vous voudrez, mais dans mon esprit, le mot dette est un mot sale. S’endetter, c’est un geste lourd de conséquences. Bien sûr, certains types de dettes — par exemple, un emprunt hypothécaire ou un prêt étudiant — peuvent être des investissements très rentables. Mais en général, quand on a des dettes, c’est simplement qu’on vit au-dessus de ses moyens, situation qui ne devrait pouvoir être justifiée que par un besoin véritable.

Vous êtes d’accord? Et je m’adresse en particulier aux parents.

Apparemment, mon opinion ne fait pas l’unanimité. Selon une enquête récente, plus du tiers des parents canadiens (38 %) se sont endettés, ou connaissent quelqu’un qui l’a fait, pour permettre à un enfant de participer à des activités parascolaires comme le hockey ou la natation.

Je sais. Au Canada, le hockey est pratiquement une religion. Et je sais que l’apprentissage de la natation peut sauver la vie à un enfant. Mais je continue de penser que notre désir de voir nos enfants s’adonner à des activités parascolaires ne justifie pas les dettes que nous contractons pour cela.

Avant que l’on ne mette en doute mon attachement aux valeurs canadiennes, je précise que je n’ai absolument rien contre la pratique du hockey par les enfants. Toutefois, dans un cas où les parents, malgré leurs efforts sincères, ne parviennent pas à payer pour cette activité en réduisant certaines dépenses ou en trouvant l’argent ailleurs, quel mal y a-t-il à ce que leur enfant se contente du hockey de ruelle? Pour ce qui est de la natation, les options ne se limitent pas aux cours structurés. Ne pourriez-vous pas, par exemple, emmener votre enfant au centre communautaire local et lui enseigner vous-même à nager? Ou, si vous n’êtes pas assez bon nageur, pourquoi ne pas demander à un ami ou à un voisin de le faire à votre place, en échange d’un autre service?

L’endettement, selon moi, ne doit jamais être envisagé autrement que comme une solution de dernier recours.

Je ne vous ai pas encore convaincu? Laissez-moi vous raconter une anecdote personnelle. Quand j’étais jeune, je suppliais mes parents d’acheter un piano, car je rêvais d’en jouer. Ces derniers m’ont donné un orgue électrique jouet, l’achat d’un piano étant au-dessus de leurs moyens. Plus tard, alors que j’avais douze ans, ma mère a reçu une modeste somme (peut-être un ou deux milliers de dollars), dont elle s’est servie pour acheter un piano pas très cher, afin que je puisse prendre des leçons (car je n’avais pas cessé de plaider ma cause!). Vous savez quoi? J’ai pris des leçons pendant deux ans, pour en arriver à la conclusion que je détestais cela. Depuis, je n’ai pas touché à l’instrument. (Voilà pour l’histoire vécue!)

Le piano est toujours là, au salon, chez ma mère, où personne n’en joue. J’éprouve un énorme sentiment de culpabilité à l’égard de toute cette situation. Alors, imaginez comment je me sentirais si, en plus, il avait fallu que mes parents s’endettent pour acheter l’instrument!

Écoutez... Je sais que, en tant que parents, nous voulons offrir à nos enfants ce qu’il y a de mieux. Et nous souffrons quand nous avons le sentiment qu’il leur manque quelque chose. Cependant, en leur donnant « tout » — même lorsque nous n’en avons pas les moyens —, nous leur présentons une vision selon laquelle il faut tout avoir pour être heureux. Est-ce vraiment ce que nous voulons leur enseigner?

Et vous, pour quelles raisons contractez-vous des dettes?

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)

Faits saillants

Pour ne rien manquer des principales mesures du #budget2017, suivez CPA Canada sur les médias sociaux et regardez notre vidéo en direct.

Notre Répertoire des cabinets de CPA vous permet de trouver des cabinets de CPA au Canada grâce à une carte interactive et à différents critères de recherche.

Présenté par CPA Canada et CPA Ontario, le congrès national UNIS (en anglais) est un rendez-vous annuel incontournable qui propose un programme multidisciplinaire approfondi à tous les CPA qui souhaitent rester maîtres du jeu.