Petits boulots, grandes ambitions

Faire un petit boulot en parallèle de son emploi principal est une bonne façon d’arrondir ses fins de mois ou de se lancer à son compte. Mais, attention! L’aventure n’est pas sans risque.

Aujourd’hui, faire des petits boulots pour arrondir ses fins de mois n’est pas mal vu. Le phénomène attire toujours l’attention, mais les critiques se sont calmées (voir cet article du New Yorker). En fait, les petits boulots sont vite devenus l’assise de l’économie à la demande (aussi appelée économie de la pige et économie du partage, notamment). Travaux de rédaction, services de transport, d’entretien ménager ou d’hébergement… les possibilités ne manquent pas. Compte tenu de l’abondance d’applications et de sites Web au service de cette nouvelle économie (comme Airbnb, Uber, TaskRabbit, DoorDash, Postmates et Fiverr), le nombre de travailleurs «à la demande» a augmenté de 27 % au cours des 20 dernières années.

Non seulement les petits boulots rapportent de l’argent, mais ils encouragent aussi l’entrepreneuriat. Lior Zehtser (CPA, CA) a fondé ConnectCPA en parallèle de son gagne-pain. Désormais, son cabinet comptable offre des services automatisés dans le nuage à d’autres entrepreneurs et amateurs de technologie. CPA Canada s’est entretenue avec M. Zehtser pour mieux comprendre ce qui peut pousser une personne à se lancer dans de petits boulots, puis à poursuivre l’aventure.

Quand avez-vous commencé à faire des petits boulots?

Au début, je travaillais à plein temps et je préparais, à mes heures, les déclarations de revenus de mes proches, amis et autres clients. Mon milieu de travail était atroce. Il y avait toujours quelqu’un derrière mon dos qui épiait mes moindres gestes. Ma clientèle personnelle est devenue de plus en plus nombreuse, alors j’ai décidé de me mettre à mon compte. Ça n’a pas été une décision facile. Mes parents ont essayé de m’en dissuader, mais mes amis m’ont soutenu. Je voulais de l’autonomie, de la flexibilité et un milieu de travail plus sain. Je me suis finalement lancé, et j’ai créé par la suite ConnectCPA.

Quel conseil donneriez-vous à une personne qui se lance à son compte?

La première chose importante est d’avoir un mécanisme de suivi comme un système comptable en ligne. Même si vous n’avez qu’un simple logiciel de facturation et une feuille de calcul pour vos dépenses, gardez une trace de vos revenus et des impôts à payer. Vous trouverez de nombreux logiciels gratuits en ligne. Au départ, vous n’aurez pas besoin de quelque chose de pointu. Vous pourrez passer à un logiciel plus complexe et plus puissant plus tard.

Comment savoir si l’aventure est viable?

Dans un premier temps, vérifiez si le solde de votre compte en banque augmente chaque mois. Ensuite, si vous utilisez un mécanisme de suivi, vous pourrez produire des rapports pour étudier vos revenus et vos dépenses. Enfin, si vos services sont sollicités et que vous réalisez des ventes, c’est que vous êtes sur la bonne voie. Ces trois facteurs entrent en jeu.

Quelles sont les incidences fiscales?

Quand vous travaillez à plein temps, votre employeur retient les impôts à la source. Les personnes qui travaillent à leur compte n’ont donc pas l’habitude d’épargner une partie de leurs revenus pour payer leurs impôts. Il est difficile de dire combien vous devriez mettre de côté (vous devez réinvestir dans l’entreprise et payer de l’impôt selon votre tranche d’imposition), mais vous devez, c’est certain, conserver une partie de ce que vous gagnez.

La deuxième incidence fiscale concerne la TPS/TVH. L’ARC exige que vous ayez un compte de TPS/TVH et que vous perceviez cette taxe si votre chiffre d’affaires atteint 30 000 $ par année (chaque trimestre est pris en compte). Si vous n’êtes pas inscrit et que l’ARC détermine que vous auriez dû l’être, vous devrez verser de façon rétroactive la TPS/TVH que vous auriez dû percevoir. Mais s’inscrire présente aussi un avantage : vous pourrez récupérer la TPS/TVH payée sur vos dépenses d’affaires.

Pourquoi se constituer en société?

Il y a deux avantages : la responsabilité et le report d’impôt. Dans les secteurs qui présentent des risques pour le client (c’est-à-dire les secteurs où le client est susceptible de vous poursuivre, comme la sécurité ou même la comptabilité), vous devez vous protéger. Si vous n’êtes pas constitué en société et que vous n’avez pas une bonne police d’assurance, vos clients peuvent s’en prendre à vos actifs personnels. Par ailleurs, le taux d’imposition étant inférieur pour les revenus des sociétés, vous avez tout intérêt à laisser autant d’argent que possible dans votre société. Seules les sommes que vous y prélèverez seront imposées comme un revenu personnel.

Un dernier conseil?

Ne négligez pas vos finances trop longtemps. Les gens viennent souvent nous voir un an ou deux après s’être mis à leur compte, munis seulement de leurs relevés bancaires. Ils ne savent même pas s’ils ont réalisé des profits! Parfois, ils doivent de l’impôt. Les rattrapages sont laborieux et coûteux; ne prenez pas le risque de voir tous vos profits se volatiliser dans des intérêts, pénalités et autres frais.

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Faites-vous du travail à la pige? Avez-vous des conseils à donner ou des anecdotes à raconter? 

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Avertissement

Les opinions et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de CPA Canada.

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