Gestion du risque d’entreprise : Un atout essentiel

Depuis des décennies, la plupart des organisations intègrent la gestion du risque à leurs plans stratégiques et opérationnels. Or, dans le contexte actuel, où les turbulences économiques se font omniprésentes, la démarche revêt une importance accrue. Voyez comment les directeurs des risques se préparent à l’avenir.

Depuis toujours et à bien des égards, les comptables sont appelés à se tenir au fait des risques organisationnels. Soulignons toutefois que l’approche globale de gestion des risques, aujourd’hui répandue, n’avait rien de commun avant le début des années 1970. C’est Gustav Hamilton, directeur des risques à la société de portefeuille suédoise Statsforetag, détenue par l’État, qui a été le premier à proposer une approche globale, sous forme de «cercle du risque», pour tenir compte de toutes les facettes des incertitudes : évaluation, contrôle, financement, communication. Les directeurs des risques sont alors devenus des acteurs essentiels, au cœur des décisions stratégiques. 

Qu’en est-il aujourd’hui? Le poste de directeur des risques aurait-il disparu? «Nous avons tous le devoir de comprendre et de signaler les aléas auxquels s’expose l’organisation», explique Gord Beal, vice-président, Recherche, orientation et soutien, à CPA Canada. Et le risque financier ne fait pas cavalier seul. «Continuité de l’exploitation à long terme, atteinte à la réputation, risques opérationnels, ressources humaines, il ne faut rien laisser au hasard, ajoute M. Beal. Il s’agit d’une approche intégrée à grande échelle.»

Il évoque un des changements majeurs des dernières années : la proactivité accrue dans le domaine de la gestion des risques. On ne se contente pas de dresser un bilan des événements; on se tourne aussi vers l’avenir. «Les volets stratégie et analyse des possibilités sont désormais au cœur de la réflexion. Au-delà des incertitudes, les organisations entendent innover, se transformer, se préparer aux difficultés à venir.» 

PAYSAGE EN MUTATION

Récemment, CPA Canada a publié un rapport intitulé Inducteurs de changement : Prendre l’avenir en main pour mieux outiller les organisations qui auront des virages à prendre. Fondée sur des entrevues auprès de chefs d’entreprise, de cadres supérieurs du secteur public et d’universitaires, l’étude s’appuie également sur les réflexions éclairées d’auteurs du monde entier. Elle s’inscrit dans un projet pluriannuel qui vise à renseigner les membres de CPA Canada et, aussi, les autres acteurs du milieu des affaires. Facteurs économiques, environnementaux, technologiques, sociaux, géopolitiques : il n’y a pas de doute, le risque est partout.

Le principal défi des dirigeants, peu importe leur sphère d’activité, reste la singularité des aléas d’aujourd’hui, qui ne sont ni ceux d’hier ni ceux de demain. Alors, comment se préparer aux pièges que nous réserve l’avenir? En ayant le courage – et en prenant le temps – de poser des questions complexes, propose M. Beal. 

«Il est tentant d’éviter le sujet. Diriger l’entreprise, répondre à la demande, se montrer à la hauteur des attentes des clients, livrer les produits à temps, autant de préoccupations qui mobilisent les cadres», souligne M. Beal. Emportés par le tourbillon des problèmes quotidiens, les dirigeants qui évitent de se poser des questions difficiles ne manquent pas d’excuses. Par exemple, l’éventualité d’une renégociation de l’ALENA plonge de nombreuses entreprises canadiennes et américaines dans l’incertitude. «Toute organisation largement dépendante des États-Unis doit dès aujourd’hui prendre le temps de s’arrêter et de se pencher sur des problèmes épineux, explique-t-il. Elle a intérêt à imaginer le pire scénario, c’est-à-dire l’abrogation de l’ALENA et la fin des avantages qu’elle en retirait. Comment fera-t-elle face à la situation?»

Au bout du compte, les entités les plus aptes à gérer leurs risques s’adapteront mieux aux turbulences, sans se borner à leurs habitudes.

«Certaines organisations déploient des efforts considérables pour privilégier une forme d’immobilisme. Ce faisant, elles accusent du retard, tandis que les réalités extérieures, elles, évoluent.»

La clé du succès pour l’avenir? La capacité d’apprentissage : «L’entité doit se doter de mécanismes pour mettre en évidence immédiatement certains signaux internes; elle restera ainsi au fait de la situation pour intervenir sans délai afin de revoir ses décisions, voire son fonctionnement», soutient M. Beal.

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Les opinions et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de CPA Canada.

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