Pourquoi le milieu des entreprises adopte un modèle économique plus axé sur la durabilité

Le Groupe de travail du G20 recommande une transparence accrue des informations sur les risques et les occasions liés aux changements climatiques. Et CPA Canada joue un rôle de premier plan à ce chapitre.

Le 1er juin dernier, la décision des États-Unis de se retirer de l’Accord de Paris sur le climat a retenu l’attention du monde entier. Beaucoup ont craint que l’accord international, signé en novembre 2015, avec le soutien sans précédent de 195 pays signataires, soit en péril. Mais dans les jours précédant cette annonce du retrait des États-Unis et dans ceux qui l’ont suivie, une chose surprenante s’est produite : les PDG de grandes multinationales, y compris de gros émetteurs de carbone des États-Unis, se sont déclarés en faveur du maintien du pays dans l’accord.

Maintenant plus que jamais, les dirigeants d’entreprise comprennent l’importance d’une mobilisation mondiale et d’un travail de collaboration pour favoriser une économie plus durable et plus résiliente. Voilà pourquoi, en décembre 2015, le Conseil de stabilité financière a mis sur pied le Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (Task Force on Climate-related Financial Disclosures, ou TCFD) – afin d’aider les entreprises à communiquer ce type d’information et d’aider les investisseurs à savoir quelles entreprises sont les plus exposées aux risques liés aux changements climatiques, lesquelles sont les mieux préparées, et lesquelles prennent des mesures concrètes. Le TCFD, présidé par l’ancien maire de New York et homme d’affaires Michael R. Bloomberg, a publié son rapport définitif le 15 juin – à peine deux semaines après que les États-Unis eurent annoncé leur retrait de l’Accord de Paris. 

CPA Canada a pleinement conscience du rôle clé que les conseils d’administration et les hauts dirigeants jouent pour favoriser une économie plus durable. Nous sommes fiers d’avoir prêté main-forte au TCFD en organisant l’année dernière à Toronto une séance d’information qui réunissait les milieux canadiens des affaires et de l’investissement et qui portait sur les travaux du TCFD, et d’avoir contribué activement aux discussions et aux consultations qui ont suivi.

Dans son rapport définitif, présenté en juillet dernier lors du sommet du G20 à Hambourg, le TCFD a formulé quatre grandes recommandations, portant sur la gouvernance, la stratégie, la gestion des risques et les indicateurs utilisés. Plus particulièrement, le TCFD recommande de fournir des informations sur :

  • la gouvernance de l’organisation en rapport avec les occasions et les risques liés aux changements climatiques
  • l’incidence réelle et éventuelle des risques liés aux changements climatiques sur les activités, la stratégie et la planification financière de l’organisation, ainsi que l’incidence réelle et éventuelle des occasions engendrées (lorsque ces informations sont importantes)
  • la manière dont l’organisation cerne, évalue et gère les risques liés aux changements climatiques
  • les cibles et indicateurs utilisés pour évaluer et gérer les occasions et risques pertinents liés aux changements climatiques (là aussi, lorsque ces informations sont importantes)

CPA Canada appuie les recommandations contenues dans le rapport du TCFD. En fait, ces recommandations viennent renforcer un message qui se trouve au cœur de la profession comptable canadienne depuis près de 25 ans, à savoir qu’il n’est pas possible de prendre de bonnes décisions financières sans une solide compréhension des changements climatiques et de ses conséquences économiques et sociales pour la conduite des affaires.

Dernièrement, CPA Canada a publié un rapport intitulé État des lieux : étude sur la communication des informations relatives aux changements climatiques par les sociétés ouvertes canadiennes, qui se penche sur les informations fournies par les sociétés inscrites à la Bourse de Toronto dans les documents qu’elles déposent auprès des autorités en valeurs mobilières. Le rapport révèle que la majorité (79 %) des sociétés ont fourni des informations relatives aux changements climatiques, mais que la nature et l’étendue de ces informations varient. En outre, moins du tiers (29 %) des sociétés ont fait expressément état de la surveillance exercée par le conseil et la direction sur les questions relatives aux changements climatiques; enfin, seulement 31 % des sociétés ont fourni des informations sur les risques physiques liés aux changements climatiques.

Il est clair que les entreprises canadiennes, comme les entreprises étrangères, commencent à être sur la bonne voie en matière de changements climatiques. Et comme le démontre l’appui que recueillent des ententes internationales telles que l’Accord de Paris, on souhaite obtenir plus de certitude quant à la manière dont les entreprises composent avec cet enjeu. Cependant, comme le montrent aussi notre rapport et les événements politiques récents, il reste beaucoup à faire. Quoi qu’il en soit, CPA Canada est déterminée à participer à cet important débat aux côtés de ses collègues internationaux et à poursuivre son important travail de sensibilisation en la matière.

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À propos de l’auteur

Gord Beal, CPA, CA, M. Éd.

Vice-président, Recherche, orientation et soutien, CPA Canada

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Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada) salue les efforts du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (Task Force on Climate-related Financial Disclosures), qui propose des recommandations en vue de la communication d’informations plus pertinentes et uniformes à l’échelle mondiale sur les changements climatiques.

Approfondissez vos connaissances grâce à ce webinaire (audio en anglais, visuel en français) au cours duquel le personnel des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) parlera de l’importance de la communication des risques relatifs aux changements climatiques, des conséquences financières et de la surveillance de ces risques.