Une affaire de famille : Transmettre votre entreprise

Saviez-vous que plus des deux tiers des entreprises familiales ne seront jamais transmises à la deuxième génération? Pour éviter cette situation, pensez à consulter un CPA.

Si vous êtes propriétaire d’une entreprise familiale, vous espérez probablement que vos enfants prendront la relève. Malheureusement, les statistiques sont plutôt défavorables. Selon le Family Business Institute, environ le tiers des entreprises familiales, sans plus, sont transmises à la deuxième génération; à peine 12 % d’entre elles sont toujours rentables à la troisième génération.

Ces entreprises rencontrent des difficultés lorsqu’aucun plan de relève n’a été mis en place, ou s’il n’y a pas de successeur adéquat, ou bien quand elles s’avèrent indissociables de leur fondateur.
Certains propriétaires évitent de penser à la transmission de l’entreprise, pour toute une série de raisons : l’exploitation quotidienne les accapare, ou bien ils hésitent à accepter qu’ils devront un jour céder les rênes. Ou encore, c’est parce que la planification de la relève est complexe et qu’ils ne savent pas comment s’y prendre. Dans les sociétés détenues ou contrôlées par une famille, les questions de succession peuvent aussi soulever de profondes émotions.

Daniel Hershcovis, CPA, CA, associé à 1917 Chartered Professional Accountants, à Calgary, a récemment eu une conversation sur le sujet avec un client de 65 ans, infatigable, à la tête d’une entreprise de construction qui se taillait un franc succès. Sa femme l’invitait depuis des années à quitter ses fonctions, de crainte qu’il se tue à l’ouvrage et lui laisse l’entreprise sur les bras. Elle l’avait finalement convaincu de prendre un rendez-vous pour discuter des possibilités.

Quand M. Hershcovis a suggéré au client de se défaire de l’entreprise, ce dernier lui a répondu : « Je ne sais pas si vous comprendrez, mais quand on me parle de vendre, c’est un peu comme si un médecin m’annonçait que je souffre d’une maladie fatale. » Après avoir passé 40 ans à travailler d’arrache-pied, expliquait l’entrepreneur, il avait l’impression de renoncer à une partie de lui-même.

PLANIFIER LA RELÈVE

L’enjeu est de taille : les entreprises sans plan de relève s’exposent à toutes sortes de problèmes – perturbations, incertitude, conflits – qui pourraient nuire à leur compétitivité. D’ailleurs, dans une série de rapports publiés en 2013, Deloitte soulignait que leur valeur peut chuter : il suffit d’un successeur mal préparé ou d’une transition planifiée à la hâte, même si elle est confiée à une équipe de gestion compétente. 

Pour préserver la valeur intrinsèque de l’entreprise, Riaz Mohamed, CPA, CA, associé chez MMCA Associates, à Calgary, recommande de commencer à penser au plan de relève au moins 10 ans avant la transition, vu la complexité inhérente aux relations familiales, et pour encadrer le successeur. « Du point de vue successoral, mieux vaut vendre une entreprise florissante que garder un canard boiteux. »

La planification de la relève fait appel à divers champs d’expertise. C’est pourquoi il est judicieux de mettre sur pied un comité consultatif composé de spécialistes, dont un avocat et un CPA. Ce dernier saura vous aider à établir un plan financier, à évaluer l’incidence fiscale du transfert, et à réduire – voire à éviter complètement – l’impôt sur les successions et sur le revenu.

EN L’ABSENCE D’UN SUCCESSEUR ADÉQUAT

Le processus de planification pourrait vous mener à la conclusion que la meilleure chose à faire pour l’entreprise, c’est de la vendre et non de la transmettre.

Dans une telle situation, il est essentiel de disposer des documents comptables que les acheteurs et les investisseurs potentiels exigeront. À tout le moins, vous devrez présenter un bilan sain, examiné et audité par un cabinet de CPA indépendant, en plus des autres éléments compris dans les états financiers. 

Il existe également des exigences fédérales relatives à la cession d’une société. Selon sa structure, un changement de propriétaire pourrait nécessiter la modification du nom légal, l’inscription sous un nouveau numéro d’entreprise (NE) ou l’ouverture de nouveaux comptes auprès de l’ARC. En outre, pour le ou les propriétaires, la vente des actifs de la société pourrait entraîner une récupération ou une perte finale au titre de la déduction pour amortissement (DPA). Lorsque vous faites appel à un CPA, ce dernier veillera au respect de l’ensemble des dispositions.

« En tant que CPA, nous parlons régulièrement à nos clients, avec qui s’établit un lien de confiance, ajoute M. Hershcovis. Cette relation particulière avec eux, conjuguée à notre connaissance approfondie de leur situation financière, nous donne la perspective idéale pour repérer les occasions de planification. »

POURSUIVONS LA CONVERSATION

Selon vous, quels autres facteurs faut-il prendre en considération dans la planification de la relève? À vous la parole.

Avis de non-responsabilité

Les opinions et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux des personnes interviewées et ne représentent pas nécessairement ceux de CPA Canada.

Autres événements susceptibles de vous intéresser :

L’héritage que les baby-boomers laisseront à leurs enfants représente le plus grand transfert de richesse entre deux générations de tous les temps. Comment s’y préparer?

Allons-nous tous être remplacés par des robots dans un avenir proche? Non, mais certaines de nos tâches les plus répétitives, elles, vont être automatisées. Et c’est une très bonne chose.