Communication de la durée des mandats d’audit: une tendance à surveiller aux États-Unis

Fournir de l’information sur la durée d’un mandat d’audit est une bonne façon de susciter l’intérêt envers le processus d’audit. Une telle obligation doit toutefois s’accompagner d’évaluations complètes permettant de cerner l’incidence de la durée d’un mandat sur la qualité de l’audit.


Selon un récent article paru dans le Financial Times au Royaume-Uni, la Securities Exchange Commission (SEC) des États-Unis, qui a rejeté la mesure de rotation obligatoire des cabinets d’audit qui entrera en vigueur en Europe l’année prochaine, réfléchit à obliger les entités à fournir des informations sur la durée des mandats d’audit.

Une telle mesure permettrait-elle d’améliorer la qualité de l’audit?

Le Financial Times cite une recherche réalisée aux États-Unis selon laquelle un grand nombre de sociétés de l’indice Standard & Poor’s 500 font appel au même auditeur depuis plus de 50 ans. Certains observateurs croient que les auditeurs en viennent ainsi à perdre leur objectivité. Même si les investisseurs posent de plus en plus de questions difficiles sur la nomination des auditeurs lors des réunions des sociétés, jusqu’à maintenant, plus de 99 % des nominations sont approuvées.

Une plus grande transparence sur la durée des mandats d’audit peut générer un intérêt accru envers le processus d’audit et les questions d’audit. Toutefois, la qualité de l’audit ne sera améliorée que si cette mesure permet aux comités d’audit de s’attarder davantage à l’indépendance des auditeurs et aux menaces liées à la familiarité soulevées par des mandats d’audit à long terme. C’est dans ce contexte, selon moi, que la solution adoptée par le Canada se révèle des plus pertinentes : sans réglementer la question, les autorités canadiennes encouragent les cabinets à réaliser des évaluations complètes périodiques des auditeurs. Ces évaluations vont au-delà des évaluations annuelles et s’attardent plus spécifiquement aux tendances. Ainsi, elles sont conçues pour traiter des incidences de la durée des mandats d’audit sur la qualité de l’audit.

Une évaluation complète est également plus approfondie et plus englobante qu’une évaluation annuelle. En communiquant de l’information sur la durée d’un mandat, le comité d’audit informe les parties prenantes sur le processus et les aide à comprendre les raisons qui sous-tendent ses conclusions à l’effet de recommander la poursuite de la relation d’audit ou d’aller en appel d’offres.

Encourager plus de transparence sur la durée des mandats d’audit est un pas dans la bonne direction, mais ce ne devrait pas être l’objectif ultime. L’important est que les menaces liées à la familiarité soient traitées dans le cadre d’évaluations complètes périodiques et que les résultats de telles évaluations soient communiqués. C’est d’ailleurs ce que les investisseurs devraient réellement demander lorsqu’ils évaluent la qualité d’un audit.

POURSUIVONS LA CONVERSATION…

Les circulaires d’information canadiennes devraient-elles comporter plus d’informations sur la durée des mandats d’audit? Cela permettrait-il d’améliorer la qualité de l’audit?

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À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

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