« Les nouveaux rapports d’audit créent de la valeur », selon des experts britanniques

Le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB) a tenu au début d’avril une réunion publique au sujet du modèle de rapport de l’auditeur.

Le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB) a tenu au début d’avril une réunion publique au sujet du modèle de rapport de l’auditeur. Les experts du Royaume-Uni participant à la réunion ont indiqué que, du moins jusqu’à maintenant, le nouveau modèle de rapport retenu au Royaume-Uni avait reçu un bon accueil de la part des auditeurs, des comités d’audit et des investisseurs.

Le Financial Reporting Council (FRC) du Royaume-Uni a mis en place de nouvelles normes portant sur le rapport de l’auditeur pour les audits d’états financiers des périodes ouvertes à compter du 1er octobre 2012, de sorte qu’on voit déjà au Royaume-Uni un nombre important de rapports établis selon les nouvelles normes. Ces normes sont semblables à celles que propose l’International Auditing and Assurance Standards Board (IAASB) et dont on envisage l’adoption au Canada. Elles prévoient notamment la communication de l’évaluation des risques d’anomalies significatives identifiés par l’auditeur et de l’incidence de ces risques sur la stratégie générale d’audit.

Voici quelques points relevés par les experts du Royaume-Uni :

  • Les auditeurs considèrent que le nouveau modèle de rapport d’audit est « rafraîchissant » en ce qu’il met en lumière leur responsabilité de travailler dans l’intérêt public, et l’importance de la qualité de l’audit. De plus, il valorise le travail des auditeurs. Sir David Tweedie, en particulier, considère l’adoption du nouveau modèle de rapport comme une occasion inespérée pour la profession d’auditeur de montrer qu’elle est au service des actionnaires et non des entreprises. Le nouveau modèle contribuera à rétablir la valeur de l’audit en faisant ressortir la manière dont les auditeurs s’appuient sur leur expérience, leur esprit d’indépendance et leur esprit critique pour réaliser les missions d’audit.
  • Les nouveaux rapports de l’auditeur ne comportent pas vraiment de surprises, puisque les éléments qui y sont traités font l’objet d’entretiens avec la direction et le comité d’audit au cours du processus d’audit. Par ailleurs, la détermination du nombre d’éléments à communiquer et du niveau de détail à fournir n’a pas posé de problème. On a trouvé peu de cas de formules toutes faites. L’un des participants a relevé, par exemple, que les risques identifiés n’étaient pas les mêmes dans un rapport portant sur une institution financière et dans un rapport portant sur un télédiffuseur. Les coûts supplémentaires des audits, découlant principalement des travaux de contrôle qualité à l’égard du rapport, n’ont pas été importants.
  • On a constaté une collaboration accrue avec l’auditeur de la part de la direction et du comité d’audit. En fait, certaines sociétés cotées du Royaume-Uni souhaitant être des chefs de file dans leur secteur d’activité ont adopté le nouveau modèle de rapport par anticipation et ont donné à leur auditeur la latitude d’aller plus loin qu’auparavant. Le rapport d’audit de la société Rolls-Royce a souvent été cité en exemple lors de la réunion publique du PCAOB. Ce rapport comprend non seulement un résumé de chaque risque et de la réponse connexe de l’auditeur, mais aussi les constatations faites par celui-ci. Dans bien des cas, l’auditeur y a indiqué s’il considérait les jugements posés par la société comme étant prudents, audacieux ou équilibrés, sans pour autant exprimer une opinion d’audit sur ceux-ci.
  • En matière de rapports d’audit, les investisseurs préfèrent l’approche fondée sur le risque à la simple énumération des procédures mises en œuvre. L’approche fondée sur le risque leur donne des moyens de remettre en question le travail de la direction et de faire valoir l’obligation de reddition de comptes du comité d’audit et de l’auditeur externe. Cela devrait contribuer à accroître la confiance entre la direction et les investisseurs et, ultimement, à abaisser le coût du capital.

Il serait toutefois naïf de conclure que le portrait présenté au PCAOB reflète toute la gamme des audits réalisés au Royaume-Uni. De plus, l’expérience ne sera pas nécessairement la même au Canada qu’au Royaume-Uni compte tenu des différences importantes entre nos marchés et nos régimes de gouvernance d’entreprise respectifs. Néanmoins, les faits rapportés par les experts sont impressionnants et indiquent selon moi que nous sommes sur la bonne voie en visant l’amélioration du rapport de l’auditeur.

Autre constat intéressant, tous les experts du Royaume-Uni qui étaient présents à la réunion appuyaient fermement  l’uniformisation des normes de leur pays, du PCAOB et de l’IAASB portant sur le rapport de l’auditeur. L’uniformité à l’échelle internationale présente également un grand intérêt pour le Canada.

De nombreuses parties prenantes canadiennes ont exprimé des préoccupations au sujet des propositions de l’IAASB pendant la période de commentaires. Certaines de leurs craintes, comme l’utilisation excessive de formules passe-partout ou le manque de valeur de l’information, ne se sont pas encore avérées au Royaume-Uni, ce qui est certes encourageant au moment où l’IAASB et le Canada s’apprêtent à finaliser leurs normes sur le rapport de l’auditeur.

Poursuivons la conversation… Vous trouverez ci-dessous les liens pour accéder à la webdiffusion et à la transcription de la réunion publique du PCAOB et pour télécharger le rapport d’audit de la société Rolls-Royce.

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Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada