On ne gère bien que ce que l’on peut mesurer : une approche novatrice pour évaluer la qualité de l’audit

Le terme « indicateur de la qualité de l’audit » (IQA) est parfois employé pour décrire la façon d’évaluer la qualité d’un audit, mais aucun consensus n’a encore été dégagé en ce qui concerne les IQA les plus pertinents, la façon dont ils devraient être communiqués et les personnes à qui ils devraient l’être.

Le terme « indicateur de la qualité de l’audit » (IQA) est parfois employé pour décrire la façon d’évaluer la qualité d’un audit, mais aucun consensus n’a encore été dégagé en ce qui concerne les IQA les plus pertinents, la façon dont ils devraient être communiqués et les personnes à qui ils devraient l’être. C’est pourquoi le Center for Audit Quality (CAQ) des États-Unis propose une nouvelle approche qui repose sur l’utilisation d’IQA propres à la mission. Les IQA que suggère le CAQ visent à offrir un point de vue supplémentaire sur les principaux aspects du système de contrôle qualité d’un cabinet, tel qu’il s’applique à un audit particulier. Le CAQ espère que cette transparence accrue des systèmes et processus qui sous-tendent la réalisation de l’audit permettra d’en améliorer la qualité. Cependant, cette approche pourrait-elle avoir des conséquences indésirables?

Le CAQ considère son approche comme appropriée pour les raisons suivantes :

  • Elle est axée sur la communication des IQA au comité d’audit, qui est responsable de la surveillance de l’audit;
  • Une discussion sérieuse entre l’auditeur et le comité d’audit à propos des IQA permettra de mieux situer le contexte entourant les diverses mesures et leur incidence potentielle sur l’audit;
  • Cette communication améliorée peut déboucher sur des mesures qui permettent de maintenir ou d’accroître la qualité de l’audit d’une mission, et peut également aider le comité d’audit à évaluer l’efficacité de l’audit.

Les IQA s’articulent autour de quatre thèmes touchant la qualité de l’audit :

  1. Le leadership au sein du cabinet et le ton donné par la direction (par exemple, comment les dirigeants du cabinet d’audit influencent et renforcent la qualité de l’audit au niveau de la mission);
  2. Les connaissances, l’expérience et la charge de travail des membres de l’équipe de mission (par exemple, le nombre d’années d’expérience dans le secteur, la participation à des formations, le nombre d’heures consacrées à l’audit par niveau hiérarchique);
  3. La surveillance (par exemple, les déficiences relevées par les instances d’inspection des dossiers d’audit et la façon dont le cabinet y a remédié);
  4. Le rapport de l’auditeur (par exemple, le nombre de retraitements d’états financiers déjà publiés pour lesquels il a fallu déposer un certain type de déclaration (reissuance restatements)).

Le CAQ admet que, sans analyse rigoureuse, il y a un risque que les IQA, ou la manière dont ils évoluent au fil du temps, ne reflètent pas entièrement la situation ou qu’ils soient mal compris du comité d’audit. Par exemple, étant donné que la plupart des IQA suggérés par le CAQ ont trait à des facteurs en amont de l’audit (apport de l’auditeur), les comités d’audit pourraient avoir du mal à discerner en quoi ils témoignent de la qualité de l’audit. Le CAQ a donc élaboré un document de communication dans lequel il propose aux équipes de mission une approche permettant de discuter de l’ensemble des IQA pertinents avec le comité d’audit. À mon avis, c’est cette communication qui sera essentielle à la réussite de l’utilisation d’IQA. La tâche ne sera pas facile, car de nombreuses variables ont une incidence sur la qualité de l’audit.

Le processus du CAQ ne fait toutefois que commencer. Un essai pilote, une validation et des efforts de communication sont prévus afin de confirmer que les IQA proposés atteignent leur objectif de départ. Les IQA seront aussi réévalués et peaufinés pour répondre aux besoins du milieu des affaires, qui est en constante évolution. Cette approche prudente et graduelle semble justifiée compte tenu de la complexité du sujet et du risque que l’utilisation d’indicateurs tels que les IQA ait des conséquences imprévues. Par exemple, faut-il craindre que les auditeurs développent une fixation sur « l’atteinte des chiffres » et dirigent la mission d’une façon donnée simplement en vue d’atteindre un certain résultat en matière d’IQA? Les IQA seront-ils utilisés à des fins de comparaison indue entre les équipes de mission, les associés et les cabinets d’audit?

Poursuivons la conversation… Seriez-vous à l’aise de discuter des IQA avec le comité d’audit de votre client? Les auditeurs pourraient-ils se servir des IQA afin d’aider le comité d’audit à mieux comprendre l’audit? N’hésitez pas à me faire part de votre opinion.

Je vous invite à publier vos commentaires ci-dessous ou à m’écrire directement.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

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