Jeter les bases : Le CCRC formule des recommandations sur l’amélioration durable de la qualité de l’audit

Selon les observations faites lors de ses inspections et l’analyse du résultat des plans d’action des cabinets en matière de qualité de l’audit, le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) a publié, en juin, un document qui traite des quatre aspects clés sur lesquels les cabinets doivent selon lui se concentrer pour améliorer durablement la qualité de l’audit.

Selon les observations faites lors de ses inspections et l’analyse du résultat des plans d’action des cabinets en matière de qualité de l’audit, le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) a publié, en juin, un document qui traite des quatre aspects clés sur lesquels les cabinets doivent selon lui se concentrer pour améliorer durablement la qualité de l’audit.

Le tableau ci-dessous présente ces quatre aspects, ainsi que les recommandations du CCRC les concernant.

Constituer les bonnes équipes:

  • Veiller à ce que les équipes d’audit aient les compétences techniques et l’expérience sectorielle requises, compte tenu de la complexité et des activités des émetteurs assujettis (ce qui pourrait entraîner la concentration de l’audit des émetteurs assujettis dans un plus petit nombre de bureaux)

Offrir un soutien adéquat:

  • Faire en sorte que les ressources affectées aux consultations soient disponibles localement (ce qui peut exiger l’accroissement constant du niveau de soutien technique et spécialisé offert)
  • Procéder à des revues techniques des états financiers préalablement à leur publication (lorsque des problèmes ont été relevés par le passé, l’exécution de telles revues techniques devrait être obligatoire pour les clients dépassant un certain seuil de risque)

Réaliser des revues au cours du processus d’audit:

  • Procéder à des revues au cours du processus d’audit (revues des dossiers menées en temps réel tout au long de l’audit, par des membres du personnel ou des associés de certification détenant de solides compétences techniques)

Répartir les responsabilités à l’égard de la qualité de l’audit:

  • Attribuer à chacun les responsabilités qui lui incombent à l’égard de la qualité de l’audit et les intégrer à sa description de poste
  • Intégrer la qualité de l’audit aux évaluations de la performance
  • Définir et appliquer des paramètres d’évaluation et de suivi de la qualité de l’audit

Le CCRC estime que chacun de ces aspects est important pour que l’on puisse en arriver à une amélioration durable de la qualité de l’audit, mais qu’il se peut que la mise en œuvre complète de chaque initiative ne soit pas possible dans l’immédiat.

Le document présente un survol utile des mesures que certains cabinets ont mises en œuvre pour améliorer durablement la qualité de l’audit, et recommande l’adoption de telles mesures par les autres cabinets. Le CCRC indique que ceux-ci doivent examiner les recommandations et élaborer un plan en vue de la mise en œuvre progressive de celles qui sont pertinentes, par ordre de priorité.

Il se peut que l’autorité et le caractère normatif du document soient perçus différemment d’un cabinet à l’autre. Certains pourraient estimer qu’il est conçu pour donner des conseils utiles et que les cabinets peuvent décider, selon leur bon jugement, si et comment mettre en œuvre les recommandations. D’autres pourraient croire que, comme le document est publié par le CCRC, les cabinets sont censés adopter toutes les recommandations qu’il contient, faute de quoi la qualité de leurs audits sera perçue comme étant déficiente. Par exemple, le CCRC recommande aux cabinets de faire en sorte que les ressources affectées aux consultations soient disponibles localement et de réaliser des revues au cours du processus d’audit, mais il pourrait exister d’autres solutions plus abordables et efficientes pour aider les équipes de mission et pour identifier rapidement les problèmes de qualité de l’audit. Or, les cabinets pourraient hésiter à mettre ces solutions en œuvre si elles ne coïncident pas parfaitement avec les recommandations du CCRC.

Il est louable de vouloir améliorer durablement la qualité de l’audit, et le CCRC a constaté que les cabinets canadiens sont prêts à relever le défi que cette démarche représente. Même si les exemples de bonnes pratiques les aident à déterminer les prochaines étapes à mettre en œuvre à cette fin, il n’y a pas, selon moi, de formule passe-partout. Les cabinets doivent être en mesure de concevoir des pratiques durables encadrées par des principes qui leur permettent d’innover selon leur situation particulière. Espérons que le document du CCRC leur sera utile à cette fin.

Poursuivons la conversation… Comment votre cabinet s’y est-il pris pour élaborer des pratiques en vue d’améliorer durablement la qualité de l’audit?

Je vous invite à publier vos commentaires ci-dessous ou à m’écrire directement.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

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