Des indicateurs pour améliorer la qualité de l’audit

Dans le cadre des nombreuses discussions tenues ces dernières années sur la qualité de l’audit, les parties prenantes ont soulevé à maintes reprises la question suivante : existe-t-il une façon d’évaluer la qualité de l’audit?

Dans le cadre des nombreuses discussions tenues ces dernières années sur la qualité de l’audit, les parties prenantes ont soulevé à maintes reprises la question suivante : existe-t-il une façon d’évaluer la qualité de l’audit?

Imaginez un instant que les facteurs influant sur la qualité de l’audit puissent être évalués à l’aide d’une jauge, comme l’essence contenue dans le réservoir de votre auto. Les auditeurs pourraient alors se démarquer de leurs concurrents par la qualité de leur audit; les comités d’audit pourraient cibler davantage la surveillance qu’ils exercent à l’égard de l’auditeur; les inspecteurs des audits pourraient axer leurs efforts sur les déficiences; et il serait beaucoup plus facile de cerner la cause première des problèmes liés à la qualité des audits. Chez les investisseurs, l’audit risquerait moins d’être perçu comme un produit banal et contribuerait à donner une meilleure idée du degré de crédibilité de l’information financière.

La mise au point d’indicateurs de la qualité de l’audit (IQA) rigoureux présente à n’en pas douter des avantages potentiels, mais elle se révèle extrêmement difficile. En effet, pour être efficaces les indicateurs doivent posséder plusieurs caractéristiques importantes :

  • la pertinence – les indicateurs doivent être adaptés à leur objet, à savoir l’évaluation, mais il n’existe aucune mesure directe de la qualité de l’audit
  • l’intelligibilité – les indicateurs doivent être faciles à comprendre, même dans les secteurs où il existe déjà des écarts par rapport aux attentes
  • la fiabilité – les indicateurs doivent permettre d’évaluer de façon fiable la qualité de l’audit dans différentes situations, et être adaptables en fonction de la taille des cabinets d’audit
  • l’accessibilité aux données sources – les indicateurs doivent être fondés sur des données qui sont disponibles ou qui peuvent être réunies rapidement sans nécessiter un effort exagéré. Des IQA produits un an ou deux après un événement donné présenteraient vraisemblablement peu de valeur.

Soulignons que les IQA pourraient s’appliquer à différents niveaux, par exemple au niveau de chaque audit, au niveau du cabinet et, possiblement, au niveau du réseau ou des entités membres du cabinet dans le monde. Pour les comités d’audit, les IQA au niveau de chaque audit pourraient s’avérer les plus pertinents, tandis que pour les inspecteurs des audits, ce pourrait être ceux au niveau du cabinet. Par ailleurs, un audit comporte essentiellement trois éléments : les intrants (les gens), le processus (les systèmes, les politiques et les procédures) et les extrants (les rapports et autres communications). On pourrait donc élaborer des IQA pour chacun de ces éléments, en tenant compte du fait que certains indicateurs seront plus facilement quantifiables que d’autres.

Ce ne sont là que quelques-uns des aspects qui contribuent à la difficulté d’établir des IQA. Néanmoins, vu l’attention soutenue portée à la qualité de l’audit, certains tentent de relever le défi, notamment le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB) et le Center for Audit Quality (CAQ) des États-Unis. Quand leur emboîtera-t-on le pas au Canada?

Poursuivons la conversation… Pensez-vous que l’on devrait se pencher sur la question au Canada? Par où devrait-on commencer? Peut-on s’inspirer des leçons tirées dans d’autres secteurs pour lancer le processus?

Je vous invite à publier vos commentaires ci-dessous ou à m’écrire directement.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada