Quelle résolution prendre pour 2013 : améliorer la qualité de l’audit ou manger plus de légumes?

Nous prenons tous des résolutions à ce moment-ci de l’année. J’ai pour ma part l’intention de trouver une façon d’amener les auditeurs canadiens à travailler ensemble à améliorer de façon significative la qualité de l’audit.

Nous prenons tous des résolutions à ce moment-ci de l’année. J’ai pour ma part l’intention de trouver une façon d’amener les auditeurs canadiens à travailler ensemble à améliorer de façon significative la qualité de l’audit. Mais sommes-nous vraiment résolus à le faire?

En décembre dernier, l’International Forum of Independent Audit Regulators (IFIAR) a publié un rapport sommaire sur les résultats d’un sondage mondial portant sur les constatations découlant des inspections des audits réalisées par des membres de l’IFIAR de partout dans le monde. On y précise d’entrée de jeu qu’il faut faire preuve de prudence dans l’interprétation des résultats du sondage, compte tenu de divers facteurs, notamment la grande diversité des pratiques en matière d’inspection des audits d’un pays à l’autre. Les constatations ne s’appliquent pas à tous les audits d’un cabinet ni même à tous les cabinets, et elles concernent rarement des cas où les états financiers comportaient des anomalies. Le rapport fait néanmoins état d’indices utiles de problèmes dans la réalisation de l’audit de sociétés cotées, et de mesures que les inspecteurs et les cabinets d’audit prennent pour améliorer la qualité de l’audit. Voici certaines des constatations présentées dans le rapport de l’IFIAR :

  • confiance indue accordée aux déclarations de la direction;
  • omission de consigner en dossier des éléments probants à l’appui des jugements importants portés et des conclusions dégagées;
  • omission d’identifier les risques d’anomalies significatives, que celles-ci résultent de fraudes ou d’erreurs, et de prendre des mesures en réponse à ces risques;
  • supervision et revue inadéquates des travaux pour évaluer d’un œil critique la qualité des éléments probants obtenus;
  • participation inadéquate de l’associé responsable de la mission, revue de contrôle qualité de la mission inadéquate et surveillance inadéquate des politiques et procédures de contrôle de la qualité.

Le rapport de l’IFIAR fait aussi état de différentes mesures que les cabinets prennent à l’échelle internationale pour améliorer la réalisation des audits, par exemple :

  • communication des constatations découlant de l’inspection aux dirigeants du cabinet, aux services techniques, aux associés et au personnel professionnel participant aux missions d’audit qui ont fait l’objet d’une inspection;
  • analyse des causes profondes pour acquérir une meilleure compréhension des causes des déficiences constatées;
  • reconsidération de la poursuite des missions d’audit, par exemple celles qui nécessitent une spécialisation sectorielle que ne possède pas le cabinet d’audit;
  • révision des méthodes, lignes directrices, outils, programmes de formation en audit, etc.;
  • amélioration de la revue de contrôle qualité interne et des programmes de consultation obligatoires, et amélioration des pratiques d’évaluation de la performance et de rémunération;
  • accroissement de la participation de l’associé responsable de la mission, des spécialistes et du personnel professionnel expérimenté dans les principaux champs d’intervention du cabinet, ainsi que de l’associé responsable de la mission à toutes les étapes de l’audit.

Ce qui me frappe dans le rapport de l’IFIAR, c’est que nombre des constatations qui y sont présentées (quoique légèrement différentes et pour différentes raisons) se trouvent également dans les rapports d’inspection d’audit préparés par nos instances provinciales et nationales, et que certaines de ces constatations semblent récurrentes d’année en année. J’en déduis qu’il existe donc des problèmes d’exécution communs qui touchent nombre d’audits, quels que soient le type d’entité ou la taille du cabinet d’audit en cause.

Mais existe-t-il des solutions communes? Nous aurions peut-être avantage à travailler ensemble, comme profession, pour améliorer la réalisation des audits, plutôt qu’isolément comme cela semble être le cas à l’heure actuelle. La collaboration pourrait aboutir à des solutions permettant d’améliorer grandement la qualité de l’audit globalement, plutôt que mission par mission ou cabinet par cabinet. En 2013, c’est décidé, je m’attache à déterminer s’il existe des solutions communes, ce qui m’apparaît beaucoup plus intéressant que de manger plus de brocoli.

Poursuivons la conversation… Selon vous, qu’est-ce qui empêche les auditeurs de travailler ensemble à améliorer la qualité de l’audit, et comment peut-on surmonter ces obstacles?

Je vous invite à publier vos commentaires ci-dessous ou à m’écrire directement.

Eric

Conversations sur la qualité de l'audit se veut un forum d'échange concernant les faits et les problèmes nouveaux survenant partout dans le monde en matière de qualité de l'audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

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