L’audit de demain : le Canada a-t-il une longueur d’avance ou traîne-t-il de la patte?

Les membres d’un partenariat issu de la crise financière ont récemment réuni, à Londres, des intervenants de poids afin de faire appel à leur influence collective pour lancer des projets déterminants pour l’avenir de l’audit.

Les membres d’un partenariat issu de la crise financière ont récemment réuni, à Londres, des intervenants de poids afin de faire appel à leur influence collective pour lancer des projets déterminants pour l’avenir de l’audit.

En décembre, j’ai assisté à la deuxième réunion tenue par l’Institute of Chartered Accountants in England and Wales (ICAEW), en partenariat avec le World Wildlife Fund (WWF), dans le cadre de leur initiative AuditFutures. Cette initiative, qui a pour but d’explorer des façons d’innover en audit pour mieux servir la société, met à contribution un large éventail de participants de toutes les sphères du système financier. Dans ce contexte, l’expression «système financier» ne désigne pas que les sociétés ouvertes, mais aussi les PME, les organismes sans but lucratif, les organisations des secteurs public et parapublic, et les entreprises alternatives. L’expression «mieux servir la société» sous-entend, quant à elle, la considération de facteurs comme la durabilité, la responsabilité environnementale et le capital naturel.

Nombre de participants auxquels je me suis présenté m’ont dit tenir en haute estime les professionnels de l’audit canadiens et leurs solides compétences, et envier le Canada de s’être sorti de la crise financière relativement indemne. Ils étaient donc fort intéressés à connaître notre point de vue sur les questions abordées. 

Cette deuxième réunion visait à passer d’une vision élargie de l’avenir possible de l’audit, aux projets les plus susceptibles de contribuer dès maintenant à la concrétisation de cette vision. Les projets devaient être pris en charge par les participants, qui ne pouvaient s’en décharger sur d’autres.

Les projets potentiels ont été examinés sous quatre grands angles.

  1. Les exigences et les besoins de la société en ce qui concerne les auditeurs : par exemple, l’auditeur de demain pourrait-il servir de «conscience» à l’entité en lui indiquant par une évaluation indépendante si elle répond aux attentes de la société?
  2. La teneur et l’étendue de l’information : par exemple, l’auditeur de demain pourrait-il fournir une assurance, non seulement sur les informations financières historiques, mais aussi sur les informations non financières potentiellement prospectives et temporellement sensibles? À quoi ressemblerait ce genre de rapport?
  3. Les compétences et comportements : par exemple, quelles seraient les répercussions du projet sur le recrutement, la formation et la culture de l’auditeur de demain?
  4. La profession : quelles normes professionnelles seraient nécessaires en matière de déontologie, de performance et de rapports pour l’audit de demain?

Ce qui m’a le plus marqué de cette rencontre est la volonté de passer de la théorie à la pratique. Les projets verront le jour sous forme de laboratoires d’incubation qui permettront de mettre au point des modèles en toute sécurité. Je suis impatient de connaître la nature exacte des projets qui prendront forme.

En quittant la réunion, j’ai réfléchi aux obstacles qui restent à franchir. Par exemple, l’audit peut-il vraiment jouer un rôle dynamique et novateur alors qu’il est si lourdement réglementé? J’ai aussi pensé aux possibilités : si la profession d’auditeur devenait plus gratifiante et appréciée, elle s’en trouverait peut-être revitalisée et attirerait un plus grand nombre de gens de talent. Puis, je me suis demandé si l’initiative AuditFutures pourrait être facilement transplantée au Canada, ou s’il nous faudrait vivre une crise ici pour déclencher une initiative semblable. Il me semble qu’il s’agit d’une occasion, pour le Canada, de contribuer à façonner l'audit de demain.

Poursuivons la conversation… Croyez-vous qu’il soit temps de nous pencher sur l’avenir de l’audit? Dans l’affirmative, comment devrions-nous nous y prendre?

Rédigez des commentaires ci-dessous ou écrivez-moi.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

Faits saillants

Mettez vos connaissances à jour et élargissez votre réseau grâce à ce colloque à ne pas manquer (en anglais), qui porte sur les questions et tendances essentielles pour les membres des comités d’audit.

Dans votre entourage se tapit sûrement une personne surendettée. Si vous êtes observateur, vous reconnaîtrez l’un ou plusieurs de ces symptômes.