L’analyse des causes profondes des déficiences d’audit ne sera peut-être pas toujours cause de maux de tête

Les auditeurs qui s’efforcent d’améliorer la qualité de l’audit se font souvent dire qu’une analyse des causes profondes les aiderait à remédier aux déficiences d’audit.

Les auditeurs qui s’efforcent d’améliorer la qualité de l’audit se font souvent dire qu’une analyse des causes profondes les aiderait à remédier aux déficiences d’audit. Pourquoi l’analyse des causes profondes est-elle aussi importante et comment la réalise-t-on?

L’Institute of Chartered Accountants in Australia (ICAA) a publié récemment un document intitulé Sharing Experiences on Audit Quality, en réponse à un appel à l’action lancé par l’Australian Securities and Exchange Commission. Le document expose les idées des six plus grands cabinets d’audit australiens quant aux nouvelles façons d’aborder les questions entourant la culture d’entreprise, la reddition de comptes, l’expérience et l’expertise ainsi que la supervision et la révision dans les cabinets en vue d’améliorer la qualité de l’audit. Tous les cabinets d’audit qui cherchent à améliorer ces éléments essentiels des systèmes de contrôle qualité pourront juger utile de s’y référer.

L’un des messages clés du document est que les cabinets ne devraient pas nécessairement mettre en œuvre toutes les idées qui y sont présentées. Il est essentiel de mener d’abord une solide analyse des causes profondes des déficiences. Ce message a vraiment touché une corde sensible chez moi.

Au fil des ans, j’ai lu de nombreux rapports publics préparés par des inspecteurs d’audits, qu’il s’agisse de ceux du Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) sur les audits d’émetteurs assujettis ou de rapports d’inspecteurs des instances provinciales de la profession. J’y vois souvent ce qui semble être des thèmes récurrents. Pourquoi les mêmes problèmes se posent-ils année après année? Manque-t-il des outils dans l’arsenal de l’auditeur (outils de formation, documents d’orientation ou guides) qui contribueraient à l’élimination de ces problèmes? Dans l’affirmative, de quoi les auditeurs ont-ils besoin? En réfléchissant, j’ai établi mentalement une sorte d’arbre de décision pour étudier le problème. Il est alors devenu clair qu’en matière de réalisation des audits, les causes des problèmes peuvent être différentes, de même que les solutions possibles envisagées par les responsables des mesures correctives. Par exemple, un problème récurrent concernant la réalisation de l’audit peut nécessiter que l’un ou l’autre des intervenants suivants, ou l’ensemble de ceux-ci, s’y attaquent : le normalisateur, les organisations qui diffusent des cours de formation et des indications ne faisant pas autorité à l’intention des professionnels en exercice, les associés responsables de la conception et du suivi des systèmes de contrôle qualité des cabinets, ou les associés et le personnel sur le terrain. J’ai alors commencé à saisir à quel point il est important pour chaque cabinet d’audit de bien comprendre les causes sous-jacentes des déficiences d’audit pour pouvoir prendre des mesures appropriées et adaptées.

Ce qui me ramène au document de l’ICAA. Celui-ci mentionne qu’il existe un certain nombre d’outils d’analyse des causes profondes et renvoie à la théorie des « cinq pourquoi ». Selon cette théorie, il faut demander cinq fois, en cascade, pourquoi une chose s’est produite pour arriver à en comprendre les causes profondes et à saisir le véritable problème. Même si de tels outils sont facilement accessibles et peuvent être d’application générale, le peu de recherche que j’ai fait sur certains des plus courants indique qu’ils ont été initialement conçus par de grandes sociétés automobiles et de grands fabricants de produits électriques. Ces outils peuvent-ils être adaptés pour la profession d’auditeur, qui semble assez différente du secteur manufacturier, ou existe-t-il un outil d’analyse des causes profondes des déficiences d’audit plus efficace qui pourrait nous aider à composer avec les complexités du monde de l’audit?

Si un tel outil existe déjà, je ne le connais pas. À mon avis, nous avons besoin d’outils efficaces pour réaliser de véritables percées en matière d’amélioration de la qualité de l’audit. L’analyse des causes profondes pourrait devenir beaucoup plus simple si nous disposions des outils appropriés.

Poursuivons la conversation…. Avez-vous déjà utilisé des outils d’analyse des causes profondes des déficiences dans le cadre de votre travail? Si oui, fonctionnent-ils et, selon vous, sont-ils adaptés au contexte de l’audit?

Je vous invite à publier vos commentaires ci-dessous ou à m’écrire directement.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

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