Virage stratégique : Les inspecteurs des audits adoptent de nouvelles approches pour améliorer la qualité de l’audit

Le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) joue un rôle de premier plan dans le processus d’information financière en inspectant le travail des auditeurs d’états financiers d’émetteurs assujettis.

Le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) joue un rôle de premier plan dans le processus d’information financière en inspectant le travail des auditeurs d’états financiers d’émetteurs assujettis. Or, le plan stratégique récemment publié par le CCRC annonce un virage stratégique.

Le plan stratégique du CCRC tient compte des réalités du contexte d’audit actuel : pressions commerciales (entre autres, sur les honoraires) subies par les cabinets d’audit; accroissement de la complexité des audits, notamment attribuable à la mondialisation; concurrence pour le recrutement d’employés compétents en audit; augmentation du risque d’audit en période de ralentissement économique.

Pour relever ces défis, le CCRC amorce un virage stratégique en présentant un plan axé sur quatre priorités : «le leadership éclairé, l’engagement accru des parties prenantes, la gestion du risque et des inspections ciblées, efficaces». En quoi cette stratégie du CCRC est-elle nouvelle? Voici le résumé de chacune des priorités.

  • Leadership éclairé : En plus de continuer de répondre aux documents tels que les exposés-sondages sur les normes internationales d’audit, le CCRC envisage de fournir des directives ou de faire connaître ses attentes sur la mise en œuvre dans des domaines où il estime que la mise en œuvre des normes d’audit doit être améliorée.
  • Engagement accru des parties prenantes : En fournissant aux parties prenantes une meilleure information sur les questions liées à la qualité de l’audit, et en engageant un dialogue avec elles sur les constatations globales du CCRC, ce dernier estime que toutes les parties prenantes pourront exécuter leurs rôles plus efficacement.
  • Gestion du risque : Le CCRC prévoit mettre en œuvre des processus pour connaître les nombreux facteurs de risque qui le concernent. Ces processus comprennent la recherche sur la population d’émetteurs assujettis et l’analyse de celle-ci, ainsi que l’engagement des principales parties prenantes.
  • Inspections ciblées, efficaces : Compte tenu de l’évolution du contexte opérationnel, la méthodologie du CCRC doit permettre de mieux évaluer les facteurs sous-jacents qui ont une incidence sur la qualité de l’audit, notamment par une meilleure analyse axée sur la cause fondamentale des défaillances décelées. En outre, le CCRC mettra l’accent sur la communication directe aux comités d’audit des nouvelles questions et des nouveaux facteurs qui ont une incidence sur la qualité de l’audit, ainsi que sur une transparence accrue en matière de communication des résultats d’inspections aux parties prenantes. Cela sera fait d’une manière qui ne minera pas les méthodes réglementaires du CCRC.

Voici quelques éléments qui m’ont donné à réfléchir :

  • L’engagement accru des principales parties prenantes dans le processus d’information financière contribuera à améliorer non seulement la compréhension du rôle du CCRC, mais aussi celle du rôle des auditeurs. Cette priorité du CCRC amènera également les parties prenantes à collaborer davantage afin de déterminer les mesures à prendre pour répondre aux constatations notées dans le cadre des inspections du CCRC.
  • Il importe que le CCRC continue d’exercer son influence sur l’élaboration de méthodes et de cadres réglementaires internationaux en matière d’inspection des audits par sa présence au sein de l’International Forum of Independent Audit Regulators (IFIAR). Le CCRC pourrait ainsi favoriser l’harmonisation des pratiques mondiales relatives à l’inspection des audits et faire valoir un autre point de vue quant aux éventuels changements réglementaires qui pourraient être apportés en Europe ou aux États-Unis et qui seraient susceptibles d’avoir des incidences importantes au Canada.
  • En faisant part des constatations découlant de ses inspections au Conseil des normes internationales d’audit et d’assurance (IAASB), le CCRC pourrait encourager la modification des normes d’audit devant être améliorées.
  • Il sera intéressant de suivre l’évolution des projets de leadership éclairé du CCRC, notamment au regard des indications en matière de leadership et de mise en œuvre publiées par d’autres organismes, tels que l’IAASB, le Conseil des normes d’audit et de certification (CNAC) et l’ICCA. Il serait dommage que ces indications, actuellement cohérentes entre elles, deviennent contradictoires.

Poursuivons la conversation… Faites-moi savoir ce que vous pensez du virage stratégique amorcé par le CCRC. Selon vous, cette réorientation favorisera-t-elle la qualité de l’audit? Pourquoi?

Rédigez des commentaires ci-dessous ou écrivez-moi.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

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