La note parfaite? L’évaluation annuelle de la performance de votre auditeur

La plupart des comités d’audit savent que l’évaluation du travail de l’auditeur externe fait partie de leurs responsabilités de surveillance du processus d’information financière. Mais exceller à cette évaluation n’a rien de simple.

La plupart des comités d’audit savent que l’évaluation du travail de l’auditeur externe fait partie de leurs responsabilités de surveillance du processus d’information financière. Mais exceller à cette évaluation n’a rien de simple. Voici une façon de faire…

On s’intéresse de plus en plus ces jours-ci à la façon dont les comités d’audit exercent leur rôle de surveillance. L’une de leurs fonctions consiste à évaluer l’auditeur, un joueur clé dans le processus d’information financière, ou, autrement dit, à procéder à la «notation» de la relation auditeur-client. Il est important que les comités d’audit se dotent d’un processus d’évaluation robuste de l’auditeur afin de témoigner de la rigueur de leur surveillance.

Réaliser une évaluation de l’auditeur représente un défi de taille. En plus d’évaluer le degré d’efficacité des communications et des interactions de l’auditeur avec le comité d’audit lui-même, il faut déterminer si l’auditeur et la direction entretiennent de saines relations. Pour cela, il faut que l’auditeur soit objectif et fasse preuve d’esprit critique tout en maintenant une relation de travail efficace avec la direction. Des relations solides entre l’auditeur, la direction et le comité d’audit sont essentielles pour obtenir un audit de qualité.

Aux États-Unis, le Center for Audit Quality (CAQ) a publié un questionnaire d’évaluation pour aider les comités d’audit à évaluer leurs auditeurs (c’est-à-dire, le cabinet d’audit de même que le principal associé responsable de la mission d’audit, l’équipe d’audit et le responsable du contrôle qualité de la mission). L’évaluation se focalise sur les éléments suivants : 

  • les compétences et la performance de l’auditeur;
  • la qualité et la franchise des communications de l’auditeur avec le comité d’audit et l’entreprise;
  • l’indépendance, l’objectivité et l’esprit critique de l’auditeur.

Le CAQ propose 17 exemples de questions qui portent sur certains des critères les plus importants à prendre en considération pour chaque élément, mais rappelle que les questions doivent être adaptées à la situation de chaque entreprise.  

Le questionnaire du CAQ a ceci d’intéressant qu’il comprend un modèle de sondage qui permet à d’autres personnes au sein de l’entreprise de faire part de leurs observations et de donner une note à l’auditeur sur une échelle de cinq points par rapport à certaines qualités. Il va sans dire que les comités d’audit qui utilisent ce genre de sondage doivent examiner les résultats avec prudence. La direction donne-t-elle une très mauvaise note à l’auditeur parce que celui-ci contredit ses opinions sur des problèmes complexes? Ou s’agit-il d’une preuve d’un manque de communication entre l’auditeur et la direction?

À mon avis, le questionnaire du CAQ est un point de départ utile pour un comité d’audit canadien qui évalue son auditeur. Toutefois, les comités d’audit devront  vraisemblablement envisager d’adapter les questions au contexte canadien afin de tenir compte notamment des Normes canadiennes d’audit, de la réglementation sur les valeurs mobilières, des exigences relatives à l’indépendance de l’auditeur et aux inspections d’audit ainsi que du processus de gouvernance propre à l’entreprise. 

Poursuivons la conversation… Au Canada, les comités d’audit réalisent-ils des évaluations assez rigoureuses de leurs auditeurs? Le Canada devrait-il créer ses propres critères d’évaluation?

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Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada