On joue à la chaise musicale? Le PCAOB envisage la rotation obligatoire des cabinets d’audit

L’idée d’obliger les sociétés cotées à changer régulièrement d’auditeur externe pour renforcer l’indépendance et l’esprit critique de l’auditeur ont fait l’objet de nombreuses discussions au fil des ans, et ce, dans une diversité de contextes.

Bonjour, je suis Eric Turner, leader national en audit et en certification à l’ICCA. Alors que les décideurs en Europe et aux États-Unis tournent les projecteurs vers la qualité de l’audit au lendemain de la crise financière mondiale, on me demande souvent ce qui se passera lorsque le Canada se trouvera à son tour sous le feu de ces projecteurs...

Chez nos voisins du Sud, le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB) a publié un document de consultation l’année dernière traitant de la façon dont pourraient être améliorés l’indépendance, l’objectivité et l’esprit critique des auditeurs. Ce document évoquait la rotation obligatoire des cabinets d’audit, solution qui est également proposée par l’Union Européenne. À la différence du Canada, les États-Unis et l’Union Européenne comptaient beaucoup de grandes sociétés financières qui, au lendemain de la crise de 2008, ont connu des difficultés financières telles qu’elles ont fait faillite ou ont dû demander le soutien de l’État.

L’idée d’obliger les sociétés cotées à changer régulièrement d’auditeur externe pour renforcer l’indépendance et l’esprit critique de l’auditeur ont fait l’objet de nombreuses discussions au fil des ans, et ce, dans une diversité de contextes. Jusqu’ici, cette idée a été rejetée faute de preuves convaincantes que cette exigence améliorerait la qualité de l’audit.

De nombreux pays, dont le Canada, ont plutôt choisi d’exiger la rotation périodique de l’associé responsable de l’audit comme façon de dissiper les craintes suscitées par la question de l’indépendance. Parallèlement, on a constaté que certaines entreprises nommaient les mêmes cabinets d’audit depuis des décennies, ce qui, selon certains commentateurs, n’est pas compatible avec les normes d’indépendance à privilégier.

Vu l’importance de cette question pour les entreprises canadiennes et leurs auditeurs, il est essentiel que nous comprenions ce qui se passe aux États-Unis et en Europe, et que nous nous penchions sur notre propre perception de la question en tant que Canadiens.

Y a-t-il du vrai dans l’idée que la crise financière est due entièrement ou en partie au manque d’indépendance des auditeurs? Si c’est le cas, la rotation obligatoire des cabinets serait-elle une solution ou entraînerait-elle des risques plus grands que les avantages attendus? Existe-t-il d’autres approches qui seraient plus efficaces et, le cas échéant, quelles sont-elles? Les solutions adoptées par les États-Unis et l’Union Européenne sont-elles nécessairement bonnes pour le Canada? Et quelles seront les répercussions de ces changements sur les grands, moyens et petits cabinets d’audit, les comités d’audit et les équipes de direction?

Plusieurs de ces questions importantes sont traitées dans la réponse de l’ICCA au document de consultation du PCAOB (en anglais seulement). 

Poursuivons la conversation… Que pensez-vous de l’idée d’une rotation obligatoire des cabinets d’audit? Êtes-vous d’accord avec la position de l’ICCA ou croyez-vous que le PCAOB et la Commission européenne sont sur la bonne voie? Écrivez-moi.

J’ai hâte de recevoir vos commentaires et de poursuivre le dialogue avec vous sur les mesures que le PCAOB envisagera d’implanter au cours du deuxième trimestre de 2012.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.


Publié à l’origine par l’une des organisations unifiées au sein de CPA Canada.


À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada

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