Funambule de la normalisation, l’IAASB recherche l’équilibre entre pertinence et cohérence dans les rapports d’audit

Le Conseil des normes internationales d’audit et d’assurance face à un défi de taille : rendre les rapports d’audit cohérents et comparables à l’échelle mondiale tout en faisant en sorte qu’ils s’adaptent aux régimes nationaux d’information financière.

L’expansion rapide dans le monde de l’utilisation des Normes internationales d’audit (ISA), appliquées au Canada depuis 2010, place le Conseil des normes internationales d’audit et d’assurance face à un défi de taille : rendre les rapports d’audit cohérents et comparables à l’échelle mondiale tout en faisant en sorte qu’ils s’adaptent aux régimes nationaux d’information financière.

Dans un certain nombre de pays, on cherche des moyens d’améliorer le rapport de l’auditeur. C’est notamment le cas du Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB) aux États-Unis et du Financial Reporting Council (FRC) au Royaume-Uni (se reporter à mon billet antérieur sur les Propositions de l’Union européenne en matière d’audit). La priorité est la même partout : que les rapports répondent mieux aux besoins d’information des utilisateurs. Mais tous ne le font pas nécessairement de la même manière. Dans ce contexte, l’IAASB est en train d’élaborer un nouveau modèle visant à valoriser le rapport de l’auditeur qui contiendra des informations courantes et essentielles tout en répondant aux différents besoins nationaux. Après tout, si partout dans le monde les auditeurs utilisent les ISA pour réaliser leurs audits, on s’attendrait à ce que leurs rapports se ressemblent, non?

Mais l’enjeu n’est pas seulement la comparabilité; certains se demandent également si, dans son rapport, l’auditeur ne devrait pas en dire davantage sur une entité cotée que sur une petite entité, comme un organisme sans but lucratif par exemple. Jusqu’à maintenant, les rapports sont identiques pour toutes les entités, mais devraient-ils le rester à l’avenir?

L’IAASB a divisé son projet en quatre volets clés, qui entrent tous dans le cadre actuel de l’audit :

  • Éléments fondamentaux : On adopterait une approche flexible dans le cadre de laquelle seraient décrits les éléments «fondamentaux», convenant pour toutes les entités, et les éléments «ponctuels» exigés pour certains types d’entités, mais qui conférerait aux normalisateurs nationaux la capacité de préciser plus avant le niveau de détail requis.
  • Commentaires de l’auditeur : On préciserait les commentaires dans le rapport de l’auditeur pour les entités cotées, et peut-être aussi pour les «entités d’intérêt public», qui comprendraient, par exemple, une analyse de certains éléments des états financiers, ou qui concerneraient des aspects exigeant une grande attention de la part de l’auditeur, dans l’espoir que ces commentaires s’éloignent des formules stéréotypées et reflètent la compréhension qu’a l’auditeur de l’entité.
  • Continuité d’exploitation et autres informations : Les informations présentées par l’auditeur sur la capacité de l’entité à poursuivre son exploitation et sur les responsabilités qui lui incombent à l’égard des informations présentées dans des documents contenant des états financiers audités (comme le rapport de gestion) seraient étoffées.
  • Clarification et transparence : On répondrait à un reproche couramment formulé selon lequel le rapport comprend actuellement beaucoup de termes techniques. Les principaux éléments d’un audit seraient expliqués en termes simples et la transparence à l’égard du processus d’audit s’en trouverait améliorée.

Poursuivons la conversation… Le Canada soutient déjà les IAS. Pensez-vous que ces changements pourraient répondre à nos besoins et permettre de trouver un équilibre entre les exigences mondiales et nationales en matière de rapport? Cliquez sur les liens suivants pour en savoir plus sur les projets de l’IAASB , du PCAOB et du FRC, et dites-moi ce que vous en pensez. Écrivez-moi.

Eric

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada