Les comités d’audit ont-ils besoin de connaître les résultats des inspections de la qualité des audits?

À l’heure actuelle, une question retient de plus en plus l’attention, à savoir si les auditeurs devraient s’entretenir franchement avec les comités d’audit d’un sujet qui était jusqu’à maintenant laissé dans l’ombre.

À l’heure actuelle, une question retient de plus en plus l’attention, à savoir si les auditeurs devraient s’entretenir franchement avec les comités d’audit d’un sujet qui était jusqu’à maintenant laissé dans l’ombre : les résultats des inspections du travail des cabinets d’audit menées par le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC).

Les inspections indépendantes du travail des auditeurs des émetteurs assujettis menées par le CCRC constituent l’une des principales caractéristiques de notre système d’information financière. D’autres collectivités publiques ont mis en place un processus d’inspection similaire au nôtre et certaines évoluent vers une communication plus transparente des résultats des inspections entre les auditeurs et les comités d’audit. Par exemple, le Public Company Accounting Oversight Board (PCAOB), organisme américain responsable des inspections, et le Center for Audit Quality (CAQ) des États-Unis ont récemment publié des documents sur le sujet. Le CCRC et l’ICCA, dans le cadre de leur initiative conjointe relative à l’amélioration de la qualité de l’audit au Canada, prévoient également se pencher sur la question de l’amélioration des communications entre les comités d’audit et les auditeurs.

Les inspections du CCRC comprennent l’évaluation de la conformité des auditeurs aux normes ainsi qu’aux politiques et procédures de leur cabinet, et l’examen d’une partie ou de la totalité des dossiers d’audit sélectionnés. Le CCRC fait souvent des recommandations précises qui doivent être mises en œuvre par chacun des cabinets d’audit, mais ces recommandations ne sont pas rendues publiques. Le CCRC publie plutôt un rapport annuel présentant les résultats globaux de ses inspections, comprenant les résultats des Quatre Grands cabinets d’audit (Deloitte, Ernst & Young, KPMG et PwC) et ceux des autres cabinets. Il peut aussi examiner certains cas d’audits particuliers, comme ceux d’émetteurs canadiens assujettis opérant principalement à l’étranger, et publier ses conclusions à ce propos dans un rapport spécial.

Certains comités d’audit aimeraient être mieux informés des résultats des inspections qui concernent les auditeurs de leur société et soutiennent qu’ils ont besoin de cette information pour s’acquitter de leur responsabilité de surveillance des audits. Ils désirent notamment savoir comment les auditeurs donnent suite aux recommandations du CCRC qui :

  • visent l’ensemble des auditeurs, des groupes de cabinets d’audit ou des audits dont la taille et la complexité sont similaires à celles de l’audit de leur société;
  • visent spécifiquement le cabinet des auditeurs de leur société, par exemple, les recommandations portant sur le système de contrôle qualité du cabinet pour tous ses clients émetteurs assujettis;
  • visent spécifiquement l’audit de leur société, si cet audit a été sélectionné pour inspection.

Évidemment, la communication de ces informations aux comités d’audit pourrait se heurter à certaines difficultés, telles que les suivantes :

  • comment fournir des informations qui reflètent équitablement les résultats de l’inspection et la réaction de l’auditeur (l’inspecteur et l’auditeur divergent peut-être d’opinion quant à ce qui constitue un problème important);
  • comment savoir si le fait de rendre disponibles aux comités d’audit des informations tirées de rapports d’inspection ne soulèvera pas de questions quant à la confidentialité ou à la responsabilité légale;
  • comment s’assurer que les informations seront communiquées en temps opportun de sorte que les comités d’audit puissent prendre des mesures à l’égard des questions urgentes, par exemple dans le cas où l’information comptable ou les contrôles internes de l’émetteur assujetti sont remis en question;
  • comment présenter les résultats des examens réglementaires effectués par des organismes étrangers qui ont une incidence sur l’audit de l’émetteur assujetti;
  • comment accroître la transparence sans nuire au processus d’inspection, y compris le parachèvement des inspections et la mise en œuvre des recommandations.

Pour faire progresser l’idée au Canada, je crois que nous avons besoin de lignes directrices qui assureraient l’uniformité et la qualité des communications portant sur les résultats d’inspection entre les auditeurs et les comités d’audit. Il sera intéressant de voir quelles recommandations seront faites à ce sujet dans le cadre de l’initiative relative à l’amélioration de la qualité de l’audit.

Poursuivons la conversation... Selon vous, quels sont les avantages et les difficultés liés aux communications entre les auditeurs et les comités d’audit au sujet des résultats d’inspection?

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Eric

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Publié à l’origine par l’une des organisations unifiées au sein de CPA Canada.


À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada