Aspirants juricomptables, il vous faut un solide bagage de compétences

Les juricomptables sont les athlètes des MMA du monde de la comptabilité.

Tout va pour le mieux… Mon équipe de hockey préférée, les Hawks, est au premier rang du classement de la LNH et toutes les équipes canadiennes connaissent une excellente saison. J’aimerais maintenant tourner mon attention vers un autre sport fascinant, les arts martiaux mixtes (Mixed Martial Arts – MMA). Mon athlète favori est de loin le Québécois Georges «Rush» St-Pierre, surnommé GSP, un athlète de calibre mondial qui pratique le combat, le kickboxing, le jiu-jitsu, le karaté et la lutte. Quel est le lien avec la juricomptabilité? La réponse est simple : les juricomptables sont les athlètes des MMA du monde de la comptabilité.

GSP est tout d’abord devenu champion de karaté et de jiu-jitsu. L’assiduité, l’entraînement et l’expérience lui ont permis de développer ses capacités dans d’autres disciplines. Les juricomptables commencent habituellement leur carrière en se spécialisant dans un domaine en particulier, comme l’audit, la fiscalité, la planification financière ou les technologies de l’information (TI). Cet ensemble de compétences de base est essentiel pour réussir, mais l’élargissement des compétences à d’autres domaines est tout aussi important. Les compétences en TI et en techniques d’entrevue sont tout particulièrement recherchées.

Au cours de la dernière décennie, la profession comptable a fait la promotion du bureau «sans papier». Les logiciels de comptabilité font non seulement une grande partie du traitement et de l’analyse des données, mais stockent la majeure partie des informations. Pour le juricomptable qui s’appuie sur les données pour établir des faits, la capacité d’accéder à ces données et de les interpréter est cruciale. Aussi, le domaine de l’informatique judiciaire et de l’investigation informatique est le créneau de juricomptabilité qui connaît la plus forte croissance. Les comptables, comme les aspirants athlètes des MMA, doivent s’entraîner et développer leurs compétences en TI afin de demeurer concurrentiels.

Fort de sa connaissance approfondie des systèmes d’information comptable, le juricomptable connaît les manières utilisées pour contourner les contrôles internes. Il est capable de comprendre comment une série d’écritures de journal en apparence anodine peut avoir une incidence importante sur les états financiers. Les TI avancées que constitue l’informatique judiciaire permettent d’identifier les métadonnées, soit les données qui accompagnent les propriétés d’un document électronique. Par exemple, les métadonnées permettent de déterminer qui a créé le fichier, qui y a accès, qui l’a modifié et quand le tout a été fait. Cette juricomptabilité de haut calibre produit des résultats de haut calibre lorsqu’il s’agit de déterminer les faits.  

De nos jours, les athlètes des MMA forts dans quelques disciplines seulement risquent de voir leurs faiblesses dévoilées. De même, le juricomptable doit connaître plus que les crédits, les débits et les TI. Il lui faut être polyvalent et exceller à tous les niveaux. Les techniques d’entrevue sont un aspect clé de toute enquête financière. Mon mentor, agent gouvernemental durant 25 ans, m’a appris qu’une entrevue efficace pouvait faire économiser des milliers de dollars en calculs. La capacité de poser la bonne question à la bonne personne au bon moment peut permettre d’accéder à de l’information déterminante pour l’enquête. Trouver le bon témoin est essentiel, et il faut garder en tête que les TI et les techniques d’entrevue se croisent lorsque l’on questionne le seul témoin qui ne ment jamais : l’ordinateur. Il existe de la formation en techniques d’enquête, et les acquis doivent être mis en pratique pour enrichir son bagage de compétences.

Il y a bien d’autres domaines dans lesquels les juricomptables peuvent acquérir des compétences. J’ai parlé de deux domaines critiques pour mon travail, mais je dois aussi posséder des connaissances approfondies en évaluation d’entreprise, en impôt, en économie, en psychologie et en sociologie ainsi que, bien entendu, une excellente connaissance des directives et des normes de tous les domaines de la comptabilité.

Comme je l’ai mentionné précédemment, il est essentiel pour un juricomptable d’être ferré en comptabilité. Il va de soi qu’il doit connaître les débits et les crédits, l’information financière et les incidences fiscales. Mais, pour atteindre un niveau de haut calibre, vous devez devenir un expert dans de nombreux domaines. Les commentateurs des MMA sont unanimes : GSP pourrait aspirer à une médaille olympique en lutte grâce à ses capacités athlétiques innées (sa principale force) et celles acquises pour faire progresser sa carrière. Les fraudes comptables devenant de plus en plus ingénieuses et complexes, un véritable professionnel de la juricomptabilité doit en faire plus pour être à la hauteur. Alors si vous envisagez une carrière en juricomptabilité, préparez-vous pour une formation approfondie, rigoureuse et continue.

Même s’il n’y a pas de «champion mondial incontesté» de la juricomptabilité, la sensation que procurent la mise au jour d’une fraude et les poursuites qui s’ensuivent, rivalise vraiment avec un KO ou une soumission.

À votre avis, de quelles formation et expertise un juricomptable a-t-il besoin pour réussir aujourd’hui?

Brad

À propos de l’auteur

Brad Sargent, CPA, CFF


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