L’union fait la force : Soutenir l’économie mondiale par la collaboration

Depuis plus de 50 ans, les comptables canadiens jouent un rôle de premier plan sur la scène mondiale, cultivant l’image de la profession – et de CPA Canada – à l’étranger.

Le rayonnement de CPA Canada à l’étranger témoigne de la solidité de la profession canadienne. À l’époque où elle était à la tête de CGA Canada, l’une des organisations comptables d’origine de CPA Canada, Jackie Poirier, CPA, CGA, était souvent appelée à prendre part à des activités protocolaires. Elle assistait notamment à la cérémonie de remise de diplômes des nouveaux membres de la profession. Un jour, elle a dû se rendre en Chine pour accueillir une nouvelle cohorte de comptables formés dans le cadre d’un programme canadien.

« C’était la première fois que j’allais en Chine et, franchement, j’étais nerveuse à l’idée d’y représenter le Canada », se remémore Mme Poirier, maintenant directrice du Bureau des services fiscaux de Nouvelle‑Écosse de l’Agence du revenu du Canada, à Halifax. « Je me souviens que mon mari m’a alors dit : “Tu n’as pas le choix d’y aller, tu es leur présidente!” » Cette expérience lui a ouvert les yeux sur la place qu’occupe le Canada sur la scène mondiale.

« J’ai réalisé l’immense influence que la profession canadienne pouvait avoir dans le reste du monde, mais j’ai aussi compris que nous pouvions tous apprendre les uns des autres », poursuit‑elle. À titre d’exemple, elle évoque une rencontre avec le vice-ministre des finances chinois à laquelle elle a pris part lors de l’une de ses visites. « Je l’ai rencontré et nous avons discuté de la profession comptable au Canada et en Chine, et de ce que nous pourrions faire pour contribuer à développer la profession dans son pays. À ce moment précis, j’étais vraiment fière du rôle que nous remplissions à l’international. »

TISSER DES LIENS DANS LA ZONE ASIE PACIFIQUE 

Ce qui avait commencé seulement comme une cérémonie protocolaire a ouvert la porte à une discussion avec un haut dignitaire sur l’état de la profession comptable. Et c’est là que Mme Poirier a pris goût à la collaboration internationale. En 2007, elle a été nommée au conseil d’administration de la Confederation of Asian and Pacific Accountants (CAPA). Puis elle devenue il y a deux ans la première femme à accéder à la présidence de l’organisation.

La CAPA regroupe 32 organismes nationaux de comptables professionnels de l’Asie Pacifique, qui comptent plus de 1,6 million de membres. Fondée il y a 60 ans, elle cherche à favoriser la collaboration, la mise en commun des connaissances et des expériences ainsi que l’harmonisation des normes entre les régions. « Nous rassemblons les gens et mettons en œuvre des projets visant à assurer la solidité des organisations comptables et du secteur public dans les divers pays où nos membres sont présents », explique Mme Poirier.

Le monde de plus en plus interconnecté dans lequel nous vivons offre aux comptables canadiens de précieuses occasions de collaborer, de communiquer leur expérience et d’innover de façon à renforcer la profession dans toutes les parties du globe. Ces ambitions internationales ne datent pas d’hier : dans les années 1950, l’ordre des comptables généraux accrédités de la Colombie‑Britannique (CGA BC) avait créé un programme à l’intention des futurs CGA en partenariat avec l’Université de la Colombie‑Britannique. Dans les années 1960, ce programme a servi de base à un projet novateur mis en place par CGA Ontario pour aider des immigrants potentiels des Caraïbes à recevoir la formation et l’accréditation nécessaires pour se joindre à la profession comptable canadienne. Aujourd’hui, on compte 1 200 détenteurs du titre canadien de CPA aux Caraïbes et quelque 220 étudiants inscrits au programme de formation préagrément dans la région.

L’EXEMPLE DE LA CHINE

Ce même programme de formation a été utilisé à Hong Kong dans les années 1990. Lyle Handfield, vice-président, Affaires internationales – Asie Pacifique de CPA Canada (un ancien collègue de Jackie Poirier), œuvre dans le domaine de l’éducation depuis quarante ans et a joué un rôle clé dans les efforts d’expansion en Chine. Il a supervisé l’ouverture des bureaux de Beijing, de Shanghai et de Shenzhen ces deux dernières années et a établi des partenariats avec 13 universités chinoises. Aujourd’hui, on compte 2 700 comptables détenteurs d’un titre canadien en Chine continentale et à Hong Kong.

« Il y a toujours eu de forts liens commerciaux et une relation spéciale entre Hong Kong et le Canada », souligne M. Handfield. « L’ouverture de ces bureaux représente un grand pas en avant. » Il ajoute qu’à l’étranger, la profession comptable canadienne est réputée pour son soutien et sa collaboration puisqu’elle cherche à renforcer les organisations comptables locales plutôt qu’à leur faire concurrence. Selon M. Handfield, c’est ce qui a permis au Canada de continuer à étendre son influence en Chine et ailleurs.

Ces relations sont avantageuses pour les deux parties, soutient M. Handfield. « Les étudiants étrangers contribuent à notre réputation avant même de mettre les pieds au Canada. Bien sûr, ces activités représentent une source de revenus importante pour assurer la pérennité de la profession. Mais elles nous ont aussi apporté de la notoriété et ont contribué à établir notre image de marque. Le programme nous a permis de nous faire une réputation auprès de l’organisation fondatrice chinoise, le Chinese Institute of Certified Public Accountants (CICPA). Il a été notre porte d’entrée dans le réseau comptable mondial. »

UNE PROFESSION MONDIALISÉE POUR UNE ÉCONOMIE MONDIALISÉE

Selon Mme Poirier, il est essentiel de bâtir une profession comptable solide et unie pour assurer la prospérité et la résilience de l’économie mondiale. Les économies en développement peuvent bénéficier de l’expertise d’autres pays en vue de la mise en place des structures de reddition de comptes nécessaires pour attirer les investissements, tandis que les pays développés profitent d’un regard neuf sur leurs problèmes irrésolus.

Il est impératif de forger des liens entre pays en cette époque de turbulences économiques. « La profession comptable formant une seule et même profession, elle a la force de son maillon le plus faible », observe Mme Poirier. Elle ajoute que les grands échecs du passé, comme le dossier Enron, confirment la nécessité de collaborer, et les CPA canadiens donnent l’exemple.

« Les Canadiens n’ont pas une attitude conquérante, rassure‑t‑elle. Nous cherchons plutôt à établir une relation afin de bien comprendre les besoins des gens et de voir ce que nous pouvons faire pour les aider. Même si nous faisons preuve d’une grande humilité à l’égard de nos réalisations, il faut avouer que la profession canadienne est forte et jouit d’une excellente réputation. »

Dans le cadre de cette série qui souligne le 150e anniversaire de la Confédération, nous publierons d’autres articles qui dépeignent les personnages et les événements au cœur de la riche histoire de CPA Canada. Des lectures à ne pas manquer!

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